Le protectionnisme est-il une solution ? François Ruffin – Olivier Besancenot

« Pourquoi s’entêter à accepter cette fausse alternative : soit libre-échange, soit protectionnisme. Pourquoi accepter cette alternative que nous tendent les possédants. » Olivier Besancenot

Cet échange organisé par Le temps des lilas a eu lieu le mardi 3 octobre 2017 et a été enregistré par Radio Parleur :

https://www.radioparleur.net/single-post/2017/10/04/Le-protectionisme-est-il-une-solution-Ecoutez-le-d%C3%A9bat-Rufin-Besancenot-en-int%C3%A9gralit%C3%A9

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Stratégie du choc et stratégie du Shadok

Si une politique échoue, c’est bien la preuve qu’il faut continuer cette politique puisqu’elle n’a pas encore porté ses fruits.

Exemple :
1. Il y a trop de chômage.
2. On tente une solution : donner plus d’argent aux patrons en espérant qu’ils embauchent, sans les obliger à embaucher (ça ferait vulgaire, par contre il est normal de contrôler la recherche d’emploi des chômeurs : les postes à pourvoir étant en bien moins grand nombre que les personnes au chômage, c’est la moindre des choses de sanctionner les perdants du jeu de chaises musicales plutôt que de sanctionner ceux qui retirent les chaises).
3. Grâce à l’afflux d’argent frais, les patrons augmentent les profits et leur rémunération et licencient.
4. Il y a encore plus de chômage.
5. Puisque le problème persiste, la solution du point 2 doit être réitérée. Mais puisque le problème est plus important encore, il faudra bien sûr donner plus d’argent aux patrons, simple logique.

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État d’urgence dans le droit commun : le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme inquiet pour la liberté et la sécurité individuelle en France

Extraits du courrier de la rapporteuse spéciale Fionnuala Ní Aoláin envoyé au gouvernement français et publié sur le site du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (la lettre entière sur le site du Haut Commissariat des Nations Unies):

« Reconnaissant les graves défis auxquels la France est confrontée ces dernières années, je suis très préoccupée par le fait que plusieurs éléments de ce projet de loi me semblent poser des problèmes sérieux en matière de respect des droits de l’homme »

« le cumul des dispositions d’urgence adoptées et en cours d’adoption risque de restreindre significativement l’exercice et la protection des droits de l’homme dans le pays »

« Sans vouloir préjuger de l’exactitude des informations en notre possession sur ce projet de loi, je tiens à exprimer ma profonde préoccupation quant à l’extension de sa portée et son incidence néfaste prévisible sur l’exercice du droit à la liberté et à la sécurité personnelle, du droit d’accès à la justice, à la liberté de circulation, la liberté de réunion et d’association pacifiques, la liberté d’expression et la liberté de religion ou de conviction. « 

« Le droit et la pratique en matière de droits de l’homme sont clairs : les pouvoirs exceptionnels ne sont pas censés devenir permanents, ce qui constituerait une atteinte grave à la pleine jouissance des droits de l’homme par tous les citoyens, et risquerait de saper l’esprit même de l’État de droit. »

« En outre, je suis inquiète de l’impact de ces mesures sur la jouissance des droits et libertés fondamentaux, en particulier par les minorités, car ce projet ne prévoit pas, à ma connaissance, de garanties ou de mécanismes judiciaires suffisants pour contrôler efficacement l’exercice des pouvoirs exécutifs. »

Lire la lettre en entier

 

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Cédric Herrou : « C’est inquiétant pour la démocratie en France »

Interview de Cédric Herrou par l’Humanité

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Un petit bol d’air

… du temps.

1984, George Orwell

La grève, Sergueï Eisenstein

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ambassade, Chris Marker

Punishment Park, Peter Watkins

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Loi anti-travailleurs : les manifs continuent !

Les journalistes sont unanimes : le nombre de manifestants est en baisse, les manifestations « s’essoufflent ». Nous n’en sommes qu’à la deuxième manifestation et ils arrivent déjà à tracer des tendances ! Mais ce n’est pas une opinion, ce n’est pas de la propagande, ce n’est qu’un fait, rien qu’un fait. Et pour un journaliste « objectif », un fait est une réalité. Or, tout étudiant en première année de philosophie sait bien qu’un fait n’est pas une réalité : un fait est une interprétation tirée de la réalité, une interprétation d’un élément ayant fait l’objet d’une sélection, une sélection basée sur une idée de ce qu’on juge pertinent et donc sur une opinion ou une théorie. S’il existe évidemment une réalité en dehors de l’observateur, le fait, journalistique ou autre, est une construction et ne dispense pas de l’analyse. Donc, pour revenir aux manifestations, le fait répété à chaque mouvement social, c’est « l’essoufflement », la baisse du nombre de manifestants. Et aujourd’hui, deuxième jour de manifestation, les journalistes choisissent de sélectionner cette baisse comme un fait pertinent. Qu’en est-il réellement ? Prenons l’exemple de la manifestation à Paris. Les chiffres donnés par les syndicats, qui sont généralement les plus fiables sont de 60 000 manifestants à Paris le 12 septembre 2017 et 55 000 le 21 (les journalistes, férus de chiffres exacts ne savent-ils pas compter pour ne pas savoir qui a raison entre la préfecture qui annonce 16 000 et les manifestants qui en annoncent 55 000 ? C’est une étrange conception de l’indépendance et de l’objectivité que de s’abstenir d’essayer de produire leurs propres chiffres). Il y a donc effectivement une baisse. Mais on parle de deux manifestations, il est abusif de parler de tendance quand on n’a que deux points. Parler d’essoufflement est encore plus orienté, c’est un mot connoté qui fait penser à la fatigue, à la fin de course. Alors amusons-nous tout de même à mettre cette baisse en image avec un diagramme en barres.

On visualise bien que la baisse est en fait minime. De plus, ce que ne montrent pas ces chiffres, ce sont les nouveaux manifestants. En effet, d’une manifestation à l’autre, certains manifestants reviennent, d’autres ne viennent plus, mais de nouveaux rejoignent le mouvement en cours de route. Ainsi, sur toute la longueur d’un mouvement social, il n’est pas forcément pertinent de ne voir que les chiffres de chaque manifestation pour en signaler une éventuelle baisse. Même derrière une telle baisse peut se cacher la participation de nouveaux manifestants et donc une hausse du total des personnes ayant participé aux manifestations.

Les faits ne sont pas donnés, les faits sont construits, les données ne suffisent pas à elles-mêmes, elles s’analysent. Analyser les chiffres des deux dates que nous avons à disposition aujourd’hui comme un « essoufflement » est une lecture politiquement orientée. Ce n’est pas la réalité, c’est une opinion, à moins que ce ne soit un souhait.

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La volonté populaire (Louise Michel)

Il y avait longtemps que les urnes s’engorgeaient et se dégorgeaient périodiquement sans qu’il fût possible de prouver d’une façon aussi incontestable que ces bouts de papier, chargés disait-on de la volonté populaire et qu’on prétendait porter la foudre, ne portent rien du tout.

La volonté du peuple ! avec cela qu’on s’en soucie de la volonté du peuple !

Si elle gêne, on ne la suit pas, voilà tout ; on prétend qu’elle est contre la loi et s’il [n’] en existe aucune, on en fabrique ou on en démarque à volonté comme les écrivains sans imagination démarquent un chapitre de roman.

Le suffrage, dit universel, c’était le dernier espoir de ceux qui voulaient faire vivre encore la vieille société lépreuse, il n’a pu la sauver et la voilà, la marâtre, la parricide, étendue sur la table de dissection, si putréfiée déjà qu’il faut enterrer le cadavre, autour duquel, semblables aux chœurs antiques, gémissent ou vocifèrent toutes les douleurs qu’elle a causées.

N’y a-t-il pas assez longtemps que la finance et le pouvoir font leurs noces d’or à l’avènement de chaque nouveau gouvernement ; c’est depuis toujours, tandis que lourds et mornes les jours s’entassent comme le sable sur les foules, plus exploitées, plus misérables que les bêtes d’abattoir.

Extrait de Prise de possession, Louise Michel, 1890 (L’Herne, 2017)

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