La ville contre les piétons

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Les hommes et femmes politiques de tous les partis tiennent aujourd’hui tous un discours favorable à l’écologie. On voit fleurir dans les villes des pistes cyclables au bord de chacune de nos routes, gage d’une volonté de la part des élus de favoriser des moyens de transport non polluants. Mais le moyen de transport le plus écologique est pourtant délaissé, rien n’est fait pour les piétons, tout semble même fait contre. Peut-être que vous pensez que ce n’est qu’un petit détail, mais je vais vous démontrer qu’il s’agit en fait d’une grave atteinte à nos libertés.

L’écologie oui, mais dépêchez-vous

Je prendrai l’exemple de la ville de Reims, puisque c’est celle où j’habite, pour donner deux exemples concrets. D’abord, les trottoirs sont très mal entretenus. La photographie que j’ai mise en illustration montre un trottoir non goudronné. Je l’ai prise aujourd’hui, mais j’aurais pu prendre exactement la même il y a dix ans au même endroit, rien n’a été fait tandis que la route est bien sûr goudronnée. De nombreux endroits ont des trottoirs mal entretenus. Ailleurs, on peut voir par exemple des trottoirs déformés par des racines d’arbres. Les piétons ne sont clairement pas une priorité pour nos élus. Ils sont pour l’écologie, oui, mais l’écologie pressée. Ne marchez pas pour aller travailler, pédalez, vous arriverez plus vite. La volonté des élus d’avoir un discours écologique se heurte à la réalité de notre société. Nous sommes dans une société qui cherche la productivité, il faut donc être rapide. On ne veut pas de l’écologie si elle ralentit le rythme de vie. Les partisans d’une « croissance écologique » préfèreront que vous alliez chez votre voisin avec votre nouveau vélo qu’à pied. On remarquera de plus que ces infrastructures mal entretenues sont une plaie pour les personnes à mobilité réduite.

La liberté de circulation en question

Le deuxième exemple sur lequel je me base concerne la mise en place d’une route de déviation au sud de Reims. Cette route a été construite pour diminuer le trafic au centre de Reims. Mais sa construction engendre un problème de taille pour les piétons, elle les empêche tout simplement de passer puisqu’il n’y a aucune passerelle pour la traverser. Alors qu’on pouvait avant sa construction se rendre à loisir dans le village voisin via des petits chemins dans les champs, la seule solution qu’il reste désormais est de prendre sa voiture. Ce n’était pas rentable de mettre une passerelle pour quelques piétons en comparaison à des centaines de voitures par jour. Favoriser les voitures à ce point, et bloquer les piétons ainsi pose un problème concernant les droits de l’Homme. Effectivement, la liberté d’aller et venir est l’une des libertés fondamentales, un droit naturel. Il est aussi naturel pour un homme de pouvoir se déplacer que de pouvoir respirer. L’organisation des axes de transport telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui pousse aux déplacements par des moyens de transports payants. La liberté d’aller et venir devient alors un bien de consommation au lieu que l’espace soit une ressource libre, comme l’air. Certains demandent les transports en commun gratuits, c’est une bonne idée. Mais avant tout, il faudrait penser à ne pas entraver la circulation des piétons, nos jambes devraient pouvoir toujours nous mener où bon nous semble librement et gratuitement.

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