Le high score en économie

Un pays qui se porte bien est un pays à PIB élevé et dont ce PIB a une croissance également élevée. Le but est d’avoir les plus gros chiffre, on cherche la performance, et rien ne contredit le bien-fondé de cette recherche dans les faits : lorsque le PIB par habitant est faible, le pays est pauvre, lorsque la croissance est élevée, il y a moins de chômage… Donc la recherche du chiffre serait efficace puisque la performance améliore la situation des pays. Mais si on regarde les choses autrement ? Malgré une économie toujours en croissance, il existe toujours des pauvres, il y a toujours des personnes qui n’ont pas accès à tous les soins, etc… Les décroissants soulèvent un autre problème : un croissance infinie dans un monde fini est impossible, le pétrole, le gaz, les minerais, le bois, ne sont pas en quantité illimité, leur exploitation a une limite, un système basé sur la croissance n’est donc pas viable à long terme.

Ce problème de l’impossibilité de la croissance est largement développé par tous les décroissants et autres antiproductivistes, mais c’est son efficacité que je souhaite discuter. En effet, la logique de la croissance est une logique de performance : on cherche à faire un « score » le plus élevé possible, et on espère que ça retombera sur le monde réel en emplois et autres bienfaits. Mais la logique de la croissance ne dit rien sur la satisfaction des besoins. On peut avoir de la croissance et de la pauvreté, on peut avoir de la croissance et de l’illettrisme… Est-il pertinent de juger une économie sur un « score », une performance déconnectée de la satisfaction des besoins ? C’est le rôle de l’économie qui est à redéfinir : on ne doit pas chercher à faire du chiffre, on doit chercher à satisfaire les besoins de tous. Cette idée toute simple, je la lis rarement, même chez les objecteurs de croissance, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne l’on pas en tête, mais il me semble important de préciser cette évidence perdue. Le capitalisme participe à une compétition à laquelle il est inutile de participer si on se veut anticapitaliste. Un système non capitaliste ne sera pas meilleur parce que, grâce à la relance ou je ne sais quel mécanisme il obtiendra un plus gros score, mais parce que la répartition des richesses produites sera telle que les besoins de chacun seront satisfaits.

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