Grève générale : savoir ce que ça veut dire, c’est savoir qu’on peut changer le monde

Grève générale ! Ce mot d’ordre semble si simple que vous trouveriez probablement insultant que je vous propose de vous l’expliquer. Pourtant, c’est ce que je vais faire. En effet, on pense savoir ce que signifie l’expression « grève générale » car les mots qui la composent sont simples, clairs, connus. Mais la portée de ce concept révolutionnaire va bien au delà de la simple addition de ces deux mots courants. Arrêtons de tourner autour du pot et passons à la définition.

Une grève générale est une grève très suivie touchant tous les secteurs de l’économie. Vous imaginez le résultat : un blocage complet de tout un pays. Les gens se sentant l’âme usagée et se complaisant sous cette étiquette « d’usager » des transports objecteront sans doute que dans ce cas, une grève générale est faite pour leur nuire. Les mêmes diront aussi qu’on ne peut rien changer à notre situation, que les puissants sont puissants, et qu’on a qu’à subir en essayant de s’en sortir de notre mieux, que les affaires politiques et économiques nous dépassent.

Mais la force de la grève générale est de faire mentir ces paroles aigries et pessimistes. Lorsque la grève générale bloque le pays, c’est toutes les travailleuses, tous les travailleurs, nous tous qui prouvons que sans nous, rien ne fonctionne. Cette croyance en l’impuissance des « petites gens » est balayée par le potentiel de la grève générale, c’est une véritable démonstration de notre pouvoir. Et ce n’est pas un pouvoir de nuisance : si l’on peut bloquer le pays, ça ne veut pas dire qu’on peut vous empêcher d’avoir du pain frais à midi, cela veut dire que l’on peut le contrôler tous ensemble. Si rien ne marche sans nous, alors tout doit fonctionner avec nous. Les idées de démocratie directe et d’autogestion découlent tout naturellement de la grève générale. La grève générale, c’est tout le contraire d’une nuisance et de l’impuissance des petites gens, c’est la transition vers une prise en main de la société et de l’économie par ceux qui les font. Désormais, lorsque vous entendrez parler de grève générale, vous comprendrez peut-être pourquoi certains l’orthographient « (g)rêve général(e) ».

Vous pouvez également lire cet article sur le site d’Alternative Libertaire.

Je vous laisse sur un petit micro-trottoir comme on en fait parfois dans les JT par temps de grève SNCF. Il s’agit ici d’un extrait du Joli Mai de Chris Marker, en 1962, et le discours est tout autre que ce qu’on a l’habitude de nous faire entendre et nous faire dire.

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