La liberté économique, c’est l’esclavage !

« La liberté, c’est l’esclavage ! » affirmait la devise totalitaire de l’Océania dans 1984, le roman d’anticipation dystopique de George Orwell. Les adeptes de la « liberté économique », les économistes néoclassiques (libéraux) et autres défenseurs du marché libre pourraient eux aussi adopter ce slogan. La liberté qu’ils défendent est en effet l’absence de contrainte, non pour le travailleur, principal agent économique, qui serait libéré de son patron qui l’exploite et qui lui donne des ordres, mais pour « l’entrepreneur », la liberté, pour le patron, d’exploiter sans qu’on lui oppose de résistance.

Seul le mythe du rêve américain, du petit entrepreneur qui devient un grand patron à force de travail, donne l’illusion que cette « liberté » est universelle. Mais les sociologues ont depuis longtemps démontré les déterminismes et les mécanismes de reproduction sociale à l’œuvre dans nos sociétés capitalistes. La science réfute le volontarisme asséné jusque dans le cinéma hollywoodien tel une propagande d’un État totalitaire : dans les films nord-coréens, les jeunes filles se promènent dans la rue en chantant les louanges de leur président (voir Journal d’une jeune Nord-Coréenne), dans les films américains, les héros glissent tout naturellement dans la conversation « Quand on veut très fort quelque chose, on finit toujours par y arriver » (Retour vers le futur).

Mais les « réussites » économiques sont déterminées : héritage et habitus forment les succès comme les échecs, et tous ne démarrent évidemment pas avec les mêmes cartes dans la vie. La liberté économique prônée par les libéraux n’est alors que la liberté pour la classe dominante d’exploiter la classe dominée sans rencontrer d’opposition à leurs projets. La liberté économique, c’est la liberté des uns d’exploiter les autres. La liberté économique, c’est l’esclavage !

Le contraire de la liberté économique n’est pas la servitude économique. Ce qu’on nous présente comme une liberté étant la liberté du maître de faire ce qu’il veut de son esclave, ce qui s’oppose à cette « liberté » économique est la démocratie économique. Au lieu de la toute puissance dans l’entreprise d’un individu, le patron, ou d’un groupe d’individus, les actionnaires, sur les autres, les travailleurs, seul le pouvoir direct des travailleurs sur leur lieu de travail mériterait d’être appelé « liberté ». C’est la démocratie économique qui s’oppose à la pseudo-liberté économique des libéraux, c’est l’autogestion, les conseils de travailleurs, qui donnent à l’économie sa réelle liberté.

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